Les gens sont ennemis de ce qu'ils ne connaissent pas (Imam Ali)
Cette histoire est véridique. Et le calvaire qu’a subi la jeune fille, victime d’un violeur récidiviste, a fait l’objet d’un douloureux procès d’assises que j’ai suivi en juin 2004. Par respect pour la
victime et sa famille, j’ai délibérément changé les noms des personnes impliquées et des lieux où se sont déroulés ces évènements.
L’huissier se lève et annonce d’une voix forte : « La Cour ! » Les onze jurés* et les trois magistrats prennent place sur l’estrade. Le Président règle son micro. Dans
quelques instants le verdict va être rendu dans cette affaire où est jugé l’auteur récidiviste – il avait déjà été condamné pour viol en réunion lorsqu’il était mineur – de nouveaux viols
commis sur trois jeunes filles de la région. Sont présents dans le prétoire les acteurs et les figurants du procès qui va s’achever au terme de trois jours d’audience : le jury mené par
l’imposant Président et ses deux assesseurs, l’accusé encadré par une paire de gendarmes, la redoutable avocate générale, les parties civiles et leurs avocats ; dans la salle, quasiment vide
pour cause de huis-clos, quatre personnes seulement : deux journalistes localiers, une stagiaire de justice et moi-même, juré de session et autorisé, à ce titre, à suivre les débats…
L’affaire débute deux ans plus tôt, un samedi, quelque part dans le grand Ouest. Ce jour-là, Florence et sa cousine Delphine viennent, comme elles en ont l’habitude, vendre des roses aux terrasses des bistrots de la petite ville de X… pour gagner un peu d’argent. Florence a tout juste 18 ans, Delphine est un peu plus âgée. Toutes les deux sont des filles sans histoire qui vivent à la campagne dans une commune voisine. On ne connaît aucun petit ami à Florence dont on apprendra lors du procès qu’elle était vierge au
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