Carnet de Liens - Tout sur les abus sexuels et les conséquences
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Le choc psychologique est suffisant pour que ce petit être se sente malgré tout meurtri dans sa chair. Les abuseurs, pris sur le fait, tentent toujours de banaliser l’acte. Soit c’est parce qu’ils auront trop bu, qu’ils auront pris la fille pour leur femme, ou encore que tout simplement, c’est l’enfant qui les aura provoqués. Mais comment définit-on un attouchement ? Il s’agit d’un toucher sur le corps de l’autre, sur les seins ou le sexe de quelqu’un, et c’est surtout un acte imposé. Dans le cas des enfants, c’est un acte par lequel un adulte ou quelqu’un de plus âgé que l’enfant – fille ou garçon – oblige, pour son propre plaisir, celui-ci à une activité sexuelle qui n’est pas de son âge. « Il faut distinguer le bon du mauvais toucher », explique Rita Venkatasawmy du Centre d’éducation et développement des enfants de Maurice (CEDEM). « Dans sa relation avec sa mère et son père, un enfant a besoin d’être touché, câliné, car ce sont des marques d’amour et d’affection à son égard. Il en a besoin pour bien grandir. C’est important pour son épanouissement. Le mauvais toucher, c’est l’expression de la perversion de l’amour. Eveiller précocement un enfant à la sexualité en le touchant dans ses parties intimes est un abus. L’attouche-ment est un abus sexuel », précise-t-elle en rappelant qu’un attouchement est comme un préliminaire à l’acte sexuel. Voilà pourquoi il faut le traiter avec toute sa gravité. Il faut savoir qu’aux yeux de la loi, un attouchement sans pénétration demeure un acte aussi grave qu’un viol ou une agression, c’est un délit. Dans le code pénal, à l’article 249/5, il est clairement stipulé qu’une personne trouvée coupable « d’attentat à la pudeur », avec ou sans consentement, risque une peine n’excédant pas huit ans. La ligne de démarcation entre les abus sexuels est toutefois très mince. Cela peut commencer par un attouchement et finir par une relation sexuelle. Dans l’idéal, il vaut mieux prévenir cette situation. L’enfant doit être informé pour qu’il puisse se protéger. Il ne faut pas non plus lui donner le sentiment que tout le monde est dangereux. Il faut lui parler et lui expliquer comment réagir devant des situations inattendues. Profitez des situations qui troublent votre enfant pour l’écouter sans lui faire de reproches et lui montrer votre confiance. S’il se sait écouté, il osera parler de ce qui le tracasse. S’il est moins timide avec les adultes, il se défendra mieux. Expliquez-lui qu’il a le droit de refuser une proposition d’un adulte même s’il le connaît. D’autre part, la promiscuité est un grand danger. Dormir tous dans la même chambre est loin d’être une bonne chose pour l’enfant. Une protection pour l’enfant Toutefois, pas d’amalgame. « Le toucher est important pour l’enfant. Il apprend ainsi à explorer son corps dans son bain, par exemple. Pour le développement émotionnel et psychique de l’enfant, cette exploration de lui-même et parfois de l’autre est vitale. Et c’est là le rôle délicat des parents, car ils doivent savoir expliquer à l’enfant la sexualité, tout en évitant de le mettre mal à l’aise », rappelle Rita Venkatasawmy. Explorer son corps peut s’avérer une protection pour l’enfant, car lorsqu’il le connaît, il sait que n’importe qui ne peut pas en disposer à sa guise. « La cellule familiale est importante pour protéger un enfant. Il est vrai que de nos jours les parents travaillent et ont moins de temps pour s’occuper de leurs enfants. Mais ils ne doivent pas oublier qu’ils doivent passer du temps avec eux, même si ce n’est que pour un court laps de temps », explique un préposé de la Child Development Unit (CDU). Par ailleurs, un enfant victime d’attouchements qui est pris en charge à temps, sortira moins traumatisé de cette expérience. « Grâce à un suivi thérapeutique, l’enfant a toutes les chances de réhabilitation. Plus vite les cas sont rapportés, plus vite l’encadrement est mis en place. Sinon l’enfant risque d’en être marqué à vie », soutient Rita Venkatasawmy. À noter que le Community Child Protection Programme, autrefois appelé le Childwatch Network est un organisme qui aide les parents et les voisins dans les communautés à être attentifs au développement de leur enfant. À apprendre à un enfant que sa parole compte et que la protection des enfants est l’affaire de tous. La CDU, la Brigade des mineurs et d’autres partenaires s’activent dans la prévention et la sensibilisation dans les écoles pour que tout un chacun prenne conscience qu’un abus sexuel n’est pas l’affaire d’un tiers, mais que nous sommes tous concernés. Même le citoyen anonyme peut se révéler d’une grande aide. N. B.
COMMENT RECONNAITRE UNE VICTIME ? Quand l’enfant est victime d’attouchements, il ne le dit pas toujours avec des mots. Il peut montrer qu’il souffre par un changement de comportement. Perte d’intérêt scolaire, refus de voir une personne particulière, tristesse, repli sur soi, agressivité, cauchemars, refus de se laver, utilisation d’un langage et de gestes obscènes. Mais attention. Dans le cas d’adolescents en pleine transition, ces signes peuvent apparaître. Cela ne veut en aucun cas dire qu’ils sont des victimes pour autant. Toutefois, s’il vous en parle, croyez-le et rassurez-le : on sait qu’un enfant ment rarement lorsqu’il s’agit d’attouchements sexuels. Vous devez lui affirmer que, dans ce cas, il n’est pas responsable. Assurez-lui qu’il n’est pas coupable et qu’il est maintenant en sécurité. Expliquez-lui que c’est interdit par la loi et que vous devez le dire à la police pour que l’agresseur soit retrouvé et que cela n’arrive pas aux autres. Pour info, les Family Support Bureaus de la Child Development Unit se trouvent à Bell-Village, Goodlands, Flacq, Mare-d’Albert, Phœnix et à Bambous. Ils sont là pour l’encadrement psychologique de l’enfant, mais aussi celui de la famille qui en éprouve le besoin.
QUESTIONS A VIKASH BAICHOO, PSYCHOLOGUE ET « LECTURER » EN PSYCHOLOGIE AU MIE |
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