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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 19:38
La première fois, c'était avec le fils de ses patrons. Antoine avait alors 25 ans, et sa victime 15 ans et demi. "Il cherchait des renseignements sur la sexualité, raconte-t-il. Il n'avait jamais embrassé quelqu'un ni vu un sexe." Au bout de deux mois de liaison clandestine, l'adolescent confie à Antoine qu'il préfère les filles, mais, pour ce dernier, la rencontre a été "déterminante". Antoine, qui s'est choisi un prénom d'emprunt, se dit "homosexuel depuis toujours", et avait jusque-là entretenu des relations avec des personnes de son âge, recherche alors "systématiquement la compagnie d'adolescents".

Aujourd'hui, il a 47 ans. Libéré en mars 2007 après avoir été condamné à deux ans de prison ferme et trois années de suivi socio-judiciaire pour détournement de mineur, il suit un traitement inhibiteur de la libido, dit "castration chimique". L'Assemblée nationale doit, à partir du 17 novembre, débattre du projet de loi sur la récidive, incluant un amendement sur la "castration chimique".

Tous les mois depuis décembre 2007, Antoine se rend donc dans le service de psychiatrie d'un hôpital francilien pour y recevoir une injection qui, dit-il, lui a ouvert une "nouvelle vie". Il se ronge encore à l'idée qu'on le reconnaisse, "J'ai fait plein de victimes", confesse-t-il. Cheveu ras, visage doux, lunettes à monture stricte, il ne sait pas encore très bien pourquoi il accepte de témoigner. "Je me demande ce que je fais là, à vous parler...", lâche-t-il. Il s'était déjà longuement confié, par téléphone. "C'est plus facile", dit-il. Au fond, il sait bien que, se raconter, c'est aussi, "balayer l'énorme quantité de bêtises que l'on entend sur le sujet". Alors, il se livre.

La violence n'a jamais été le mode opératoire d'Antoine. "Je parvenais à mes fins gentiment, par la persuasion, en offrant des cadeaux ou en payant, explique-t-il. Il y en a toujours qui veulent un nouveau portable ou une console de jeux. Et pour justifier leur déviance, les pédophiles se persuadent qu'ils rendent service, qu'ils sont dans une démarche de formation du jeune."

Antoine décrit des pulsions "telles" qu'on ne pense plus qu'à "expédier son travail pour partir à la chasse". Rentrer "bredouille" est plus infernal encore que la culpabilité. "On se masturbe trois à huit fois dans une journée, on ne dort plus et on ne pense qu'à ça, poursuit Antoine. C'est tellement puissant qu'on n'hésite pas à se mettre en danger et à ruiner la vie des autres."

Travaillant "dans le commerce artisanal au contact avec de jeunes apprentis", il avoue avoir parfois profité de sa position hiérarchique pour en amadouer certains. "Au moins......


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Communauté : abus sexuels et conséqences - Par http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/11/17/antoine-47-ans-pas-une-castration-une-liberation_1268284_3224.html
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